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2011, Année du scorpion ?

Humeur d' Alain Lambert :

Il faut le reconnaître avant le 11 mars 2011, je n’avais pas une affection débordante pour les scorpions. L’incident* de Fukushima m’a poussé à réviser ma position. Je vous le dis, aujourd’hui, si je voyais passer un de ces arachnides dans mon salon, je lui serrerais la pince en lui disant « Chapeau mon coco ! » (Ou plutôt mon « sco-sco »).

En premier lieu parce que la résistance hors du commun aux radiations de cette petite bête laisse pantois d’admiration. Un de ces arthropodes est capable de supporter 150 sieverts* sans broncher alors qu’à 0.7 sievert un humain commence à cracher ses boyaux. Un pouvoir de récupération après irradiation, vraisemblablement lié à la composition de son sang, qui contient des peptides capables de zigouiller la plupart des bactéries et qui peut « réparer » les cellules endommagées. Compte tenu des déclarations euphoriques de la présidente de son directoire*, il est à peu près certain qu’ AREVA fait, déjà, manger à ses employés des « chocapic aux peptides » pour les protéger. A Tokyo, le seule remède contre les radiations consiste à passer « le juste prix » à la télé. A Paris, notre ministère de la santé fait certainement fabriquer des millions de doses de vaccins au sang de scorpion par le laboratoire Servier (qui en connaît un rayon en matière de toxicité) pour parer à toute éventualité.

Vu de l’étranger, les paroles d’Henri Proglio (EDF) et d’Anne Lauvergeon (AREVA) peuvent paraîtrent arrogantes et irresponsables. En réalité, elles sont la démonstration du génie français. Avec nos 58 réacteurs nucléaires, il est certain qu’EDF a déjà trouvé la solution dans le cas où l’un d’entre eux perdrait, comme au Japon, toute possibilité de refroidir son combustible radioactif (personne n’oserait imaginer un instant qu’un ingénieur sensé puisse mettre en fonction une installation incontrôlable en cas d’accident !). Alors que ces benêts de japonais font intervenir des pompiers revêtus d’une combinaison inefficace pour les protéger des rayons gamma, EDF a vraisemblablement déjà dressé (dans des laboratoires sous terrain, en France le domaine nucléaire est secret défense) des milliers de scorpions prêts à l’intervention. Les petites bêtes sont pourvues de 2 pinces et de 4 paires de pattes. Elles peuvent, sans aucun problème, tenir des tuyaux ou des sauts d’eau tout en courant avec leurs huit pattes (pourvues de peignes, des récepteurs mécaniques capables d'apprécier la nature physique des sols, d'en analyser la composition chimique).

Cela expliquerait les paroles énigmatiques de Pierre Méhaignerie, président UMP de la commission des Affaires Sociales à l'Assemblée, qui désapprouve l'idée d'un référendum sur le nucléaire, réclamé notamment par les écologistes, car selon lui, "à un problème complexe" on ne peut pas apporter une "réponse simple". Seuls les initiés des deux parlements connaissent la vérité. Les membres de L’office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (qui réunit une quarantaine de députés et de sénateurs) savent que les scorpions peuvent intervenir à tout moment. En cas d’accident, ils n’auront donc pas l’obligation morale de se porter volontaires (comme le font les formidables pompiers japonais) pour remplir les piscines qui contiennent les matières radioactives.

Certains esprits chagrins diront que ces extraordinaires mesures de prévention ne serviront à rien et que personne ne saura quoi faire si, par malchance, un nuage radioactif passait au dessus de nos têtes. Dans le cas de Fukushima, certains experts l’ont dit, les émanations radioactives qui se propagent depuis le 13 mars 2011 se dilueront en grande partie dans les eaux de l’océan pacifique. S’il restait quelques bribes de radioactivité malsaine, elles seraient, bien entendu arrêtées par la ligne bleue des Vosges qui a déjà fait ses preuves en 1986. Dans le cas contraire, il nous suffira d’appliquer la même technique que nos amis arachnides. Ils s'acclimatent à des conditions extrêmes, supportant des températures allant jusqu’à 50 degrés. Ils résistent à la déshydratation pendant des semaines. Ils peuvent rester des mois cachés sous un rocher et jeûner pendant trois ans. Avec un peu d’entraînement, c’est sûr, on va y arriver !

Le site du Groupement d'Etude des Arachnides :www.gea-asso.fr

Le site de la Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité :www.criirad.org


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