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Pour le Président Fombonne à « la SPA » de Paris, l’écologie n’a pas beaucoup de prix !

par Alain Lambert, le 27 mars 2019

Pour voter aux élections, il faudra prendre le train, le bus, la voiture ou pire l’avion !

Le 22 juin 2019, les élections du nouveau conseil d’administration se dérouleront à la SPA de Paris. L’arrivée d’une nouvelle équipe d’administrateurs permettra-t-elle à « la SPA » de mériter enfin son nom ? Dans une association de protection animale, la fonction la plus délicate à endosser est celle d’administratrice ou d’administrateur car elle est à la fois politique et morale. Politique, parce qu’elle donne à celle ou celui qui est élu par les adhérents le pouvoir de diriger et de choisir les orientations que va prendre l’association. Morale, parce qu’elle demande à la personne élue une grande honnêteté compte tenu que cette fonction n’est pas rémunérée.

Une administration élitiste et réductrice de la protection des animaux

Historiquement, les premiers administrateurs de SPA, à Paris en 1845, à Lyon en 1853, à Strasbourg en 1879, étaient des personnes de la bonne société. L’organisation de ces SPA était assez éloignée de ce que sont aujourd’hui les associations à but non lucratif qui portent ce nom. Pour y entrer, il fallait faire partie de la grande bourgeoisie. En 1845, la France est une monarchie constitutionnelle. En 1853, c’est le second empire et en 1879, la troisième république… mais quel que soit le régime politique, seuls les gens aisés pouvaient accéder à leurs administrations. Ils payaient cher pour pouvoir adhérer. Il s’agissait, pour certains de faire partie de l’institution et d’avoir du pouvoir et de la reconnaissance. On trouve encore aujourd’hui, des administrateurs ou des administratrices qui dirigent bénévolement des petites ou grandes associations mais qui ne lâcheraient pour rien au monde cette fonction qui leur permet de briller en société et de se faire appeler « Madame la Présidente » ou « Monsieur le Président ».

Au XIXème siècle, il s’agissait pour ces personnes influentes d’éduquer la populace aux bonnes pratiques pas d’avoir une vision démocratique et écologique. Une idée tout droit venue d’Angleterre, où une poignée de gentleman avait créée en 1824 la « Société Royale pour la Prévention de la Cruauté envers les Animaux ». Une conception de « la cruauté » toute relative puisque un grand nombre d’entre eux étaient chasseurs ou grand consommateurs de viandes. Ils ont tôt fait de définir la notion d’ « animal nuisible » pour qualifier les animaux sauvages et justifier ainsi leurs pratiques cynégétiques. Ils ont également milité pour promouvoir des réglementations qui cachaient la tuerie des animaux de rentes derrières les grands murs des abattoirs.

Ce qui est terrible c’est qu’aujourd’hui certains administrateurs de SPA, ont encore cette morale animale à géométrie variable. Maître Lebossé qui a administré la SPA de Paris de 2009 à 2013 est une grande amatrice de manteaux de fourrures et de colliers de perles. Natacha Harry, Présidente de 2013 à 2018 n’hésite pas, encore maintenant, à faire la promotion des chiens de vénerie et à porter des manteaux en plume d’oie « Canada goose » quand il fait froid. Pendant sa Présidence, elle a fait envoyer des tonnes de prospectus à son effigie faisant fi des ravages de la déforestation ou de la chimie…

Le Colonel Fombonne, le « top gun » pas vraiment écolo de la protection des animaux !

Pour le moment, le Président par intérim, Jacques Charles Fombonne qui est (comme il le dit lui-même « dans la droite ligne » de ces prédécesseurs féminins) ne fait pas mieux. Va-t-il faire pire ? Le Colonel en retraite, fraichement parachuté à la tête de l’association, ne voit pas, par exemple, d’incompatibilité entre le fait d’être « chasseur dans le Cantal » (il fanfaronne régulièrement sur ce sujet) et d’être administrateur d’une association de protection animale. Il revient comme le disait Natacha Harry « aux origines de la SPA » avec une vision particulièrement élitiste et réductrice de la défense animale. En 1849, un « pro chasse » à la tête de la SPA c’était normal mais en 2019 ce n’est pas banal !

Mais cela ne s’arrête pas là, pour le colonel Fombonne la conscience de la catastrophe écologique qui va nous tomber sur le coin du nez n’est pas d’actualité. Il nous explique par courrier que pour voter aux élections, il faudra prendre le train, le bus, la voiture ou pire l’avion !

« L’autorisation de vote à distance (par correspondance ou par voie électronique) exceptionnellement autorisée jusqu’en 2016 n’a pas été, à ce jour, renouvelée. Aussi, nous attirons votre attention sur l’importance de votre présence le jour de l’élection ou de l’envoi de votre procuration. »*

Comme la plupart des politiques, le Colonel a 30 ans de retard. Il baigne encore la culture de la sacro-sainte bagnole et du « progrès technologique ». Pendant ce temps, des milliers d’espèces animales disparaissent définitivement de la planète, les poissons avalent du plastique, les abeilles meurent par millions et les fermes industrielles se propagent à vue d’œil… Malheureusement, dans 30 ans (tous les rapports du GIEC le disent) la situation du monde animal et de l’humanité sera épouvantable. En 2019, demander aux adhérents de se déplacer (donc de polluer) pour voter alors qu’il aurait pu simplement le faire depuis chez eux en appuyant sur un bouton est aberrant. Est-ce dramatique ou comique ? La SPA qui dépense des millions chaque année pour faire du webmarketing n’a pas trouvé les moyens d’utiliser la voix numérique quand il s’agit de faire des élections. Monsieur Fombonne qui accole volontiers au nom de la SPA l’adjectif « nationale » fait preuve d’un centralisme Parisien particulièrement intéressant. Ce qui est certain c’est que le Colonel n’est pas un gilet jaune. Les fins de mois difficiles, il ne connaît pas. Il faudra avoir les moyens pour voter. Les personnes qui donnent de petites sommes chaque mois à la SPA parce qu’elles ont des revenus limités ne viendront jamais à Paris. Un aller-retour pour un adhérent de Perpignan c’est au minimum 150 euros et que dire de ceux qui habitent dans les DOM TOM…

Pas de vote « par correspondance » mais 10 votes « par procuration » pour les adhérents présents.

Avec son équipe d’administrateurs, Monsieur Fombonne n’a pas trouvé le moyen de « renouveler » le vote « par correspondance » en revanche il utilise la grosse ficelle électorale concoctée par Madame Lebossé en 2013 qui a permis l’élection de Natacha Harry. Un système que la Présidente Harry avait réutilisé en 2016 et qui permettait à un adhérent présent lors de l’assemblée générale de voter 11 fois…

« Le vote par procuration est autorisé. Chaque membre de l’assemblée générale ne peut détenir plus de 10 pouvoirs en sus du sien. »*

Il est crucial de comprendre qu’un vote « par procuration » n’a rien à voir avec un vote « par correspondance ». La différence est toute simple, si vous voulez voter, il vous faudra connaître quelqu’un à qui vous faites confiance et qui ira voter à Paris…

Dans les 54 refuges répartis dans une quarantaine de départements, les bénévoles et les agents animaliers adhérents sont très sollicités pour donner leurs votes à la direction actuelle. Bon Prince, le Colonel a fait augmenter les agents animaliers de 100 euros par mois. Cela ne leur donnera pas les moyens d’aller à Paris mais ils pourront donner leurs procurations à leurs responsables de refuges qui vont les collecter ou envoyer leur procuration au siège… C’est pas beau la démocratie ?

Après trois ans et demi de pouvoir absolu, l’administratrice judiciaire Michèle Lebossé avait asphyxié la vie démocratique de l’organisation en faisant perdre les trois quarts de ces membres à l’association (70 792 adhérents en 2009 - 17557 adhérents en 2013). Cela lui a permis de faire gagner Natacha Harry, une candidate qui n’avait jamais été adhérente, à la tête de l’association en juin 2013. Une Présidente qui a accentué pendant 5 ans la transformation de l’association en entreprise et qui préférait chercher des « donateurs réguliers » que des adhérents. Pour cette nouvelle élection rien de nouveau sous le soleil de plomb du réchauffement climatique. Comme beaucoup de nos politiques, le nouveau Président est prompt à assener des grands principes tout en appliquant au quotidien des petites combines (électorales) Il risque encore plus d’assécher la moelle de l’association que sont les adhérents. Sur les 22 000 adhérents que compte l’association, combien y aura-t-il de personnes présentes dans la salle pour voter à Paris le 22 juin 2019 ? 100, 200, 500 ? Même s’il y en avait mille ce serait, une fois encore, une catastrophe…

Alain Lambert

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Les pages du JPA sur les aventures du Colonel Fombonne :

  • LE COLONEL FOMBONNE, NOUVEAU PRÉSIDENT DE LA SPA, MONTE AU CRÉNEAU !
  • Quand Jacques Fombonne de la SPA de Paris fait du marketing en Alsace !
  • JACQUES CHARLES FOMBONNE EST PRÊT À TOUT POUR GAGNER LES ÉLECTIONS 2019 À LA SPA DE PARIS !
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